Accueil Nouveautés éditions revues contact accueil Actualites
Europe mai 2004
Eric Maclos Où ma petite france
Retour actualités
Jean Miniac

Dans l’Histoire émiéttée que nous vivons, et donc dans ce sol qui se dérobe sous les pieds des poètes, seules peut-être leur restent les histoires d’amour, mêmes défaites, pour y enraciner leur dire. Cet enracinement dans l’élégie dont témoigne Eric Maclos (son précedent recueil s’appelait précisement Une élégie du geste), avec toutes les possibilités de variations et d’échappées que cela suppose, trouve son expression emblématique et paradoxale dans ces deux vers tirés du livre, et qu’on pourrait en quelque sorte inscrire à son fronton :
La pensée de celle pour qui j’écris
Ramène au monde tenu à distance

Signalons également chez le même éditeur, dans le même élégant format carré, Deux textes sans titre et huit photos, évocation à double détente par Marcel Cohen (avec un judicieux contrepoint photographique de Jacques Le Scanff) de la Shoah et de son horreur, mise à l’épreuve ultime de la solidarité humaine, mais aussi - et ceci me ramène au point de départ de cet article - béance historique au terme de laquelle la poésie fut sommée, non pas de disparaître, mais de repenser de fond en comble, et jour après jour, sa place dans le monde.
Jean Miniac

Up