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La Voix du Nord 13 janvier 2006
Avec Marcel Cohen
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Joseph Raquin

La revue « Le préau des collines » consacre sa septième livraison à l’œuvre de Marcel Cohen, publiée pour partie, tel (1986), chez Gallimard. Témoignages élaborés, extraits d’ouvrages, sept textes inédits, des notes et une bibliographie composent un volume que sa seule qualité littéraire suffit à faire circuler. Dans cette sobre revue figure une conférence prononcée par Marcel Cohen , le 19 mars 1998, devant les étudiants de l’école régionale des Beaux-Arts. Le ton est mesuré et le propos profond. Au fin silence de ses livres, Marcel fait succéder la tonalité du constat incontestable : « Pour le juif que je suis, la Shoah, à laquelle je n’ai échappé que par miracle enfant, tandis qu’elle anéantissait une grande partie de ma famille, a représenté un tel écrasement que les autres événements de ma vie sont nécessairement secondaires. » dans ses textes, Marcel Cohen travaille au plus près un réel qui se dérobe, entre l’innommé et l’innommable. Ce qu’il énonce ainsi : « Je suis dans la situation de ne pouvoir ni parler ni me taire, tout en continuant à croire passionnément au pouvoir de l’écrit. » Entre les ravages de la machine de guerres, qui a meurtri le siècle dernier, et les méfaits tu de la « machinerie économique » prolongés en ce siècle nouveau, où et comment souffler mot ? « (...) seul existe vraiment ce à quoi nous parvenons à donner forme. Et nous n’existons nous-mêmes que par la forme que nous parvenons à donner à notre existence, que nous écrivions ou non. », répond Marcel Cohen, proche par ses écrits d’une sorte de muette maïtrise du chaos.
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