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L’amie de ma jeunesse
Aline Favre
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Aline Favre, grande figure de la céramique suisse. O. VOGELSANG

C’est une grande dame de la céramique qui s’en est allée. Décédée mercredi d’un cancer, Aline Favre a dédié sa vie au travail de la terre, qu’elle a pratiqué jusqu’au bout avec passion. Membre de l’Ecole de Genève, cette figure majeure de la céramique suisse a largement contribué à son renouveau.

Née en 1932 à Genève, elle hésite longtemps entre la musique et la céramique. L’enseignement de Philippe Lambercy à l’école genevoise des Arts décoratifs va finalement l’inciter à se consacrer pleinement à l’argile, travaillant d’abord à Jussy, puis à Arare. Enseignante à l’école des Arts décoratifs de Genève dès 1965, elle investit en 1976 avec le céramiste Florent Zeller un nouvel atelier à Juriens, dans le Jura vaudois. En 1980, un voyage d’études aux Etats-Unis lui fait découvrir une démarche céramique beaucoup plus libre et instinctive, qu’elle peut véritablement appliquer à sa retraite, prise en 1990. Elle se consacre dès lors pleinement à ses recherches, tout en continuant d’échanger à travers de nombreux cours et séminaires, pour lesquels elle était très sollicitée. « Elle avait besoin des autres pour vivre et travailler », explique Fabienne Gioria, qui a partagé son atelier pendant des années.

Créant avec autant de plaisir des objets utilitaires que des sculptures abstraites, Aline Favre aimait mélanger les différentes terres, associant notamment le grès noir et la porcelaine dans des plaques délicatement stratifiées. « Elle établissait un véritable dialogue entre les différents éléments de ses œuvres, dans un équilibre instable et aérien », précise Anne-Claire Schumacher, conservatrice au Musée Ariana. L’institution a consacré en 2004 une grande exposition à la Genevoise et lui rendra hommage prochainement.

Marianne Brand a également exposé à plusieurs reprises les œuvres de son ancienne enseignante et amie, qui rencontraient un grand succès auprès des collectionneurs. « Aline Favre a permis une ouverture sur la dimension expressive de la terre », relève la galeriste carougeoise. « Sa vie céramique a été d’une grande richesse. » Décrite comme une personnalité très attachante et d’une grande générosité, l’artiste a bénéficié d’une reconnaissance internationale auprès de ses pairs. Un parcours que son fils, Nicolas Dzierlatka, résume avec émotion : « Elle a toujours suivi son propre chemin. Elle était libre. »

Tribune de Genève Samedi 9 février 2013

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