Accueil Nouveautés éditions revues contact accueil Actualites
sur le site Du Centre National du Livre
A propos de Pierre Bergounioux
Retour actualités le numéro 11 de la revue du Préau des collines
Par Laurent Demanze

À propos de Pierre Bergounioux Éditions : Préau des collines Parution : 2 février 2010 Prix : 22 euros ISBN 978-2-36039-020-5 Publié avec le soutien du CNL

Note de lecture

Après deux volumes consacrés à Mathieu Bénézet et à Jean-Paul Michel, c’est à célébrer l’œuvre de Pierre Bergounioux que s’attache ce numéro du Préau des collines. Comme à son habitude, la revue mêle les analyses, les entretiens et les textes d’hommage. Divisé en trois grandes sections, le volume alterne les perspectives. Dans une première séquence, ce sont les amis et les pairs de Pierre Bergounioux qui témoignent de leur rencontre –avec l’homme ou avec l’œuvre– ou disent l’émoi ressenti à la parution de ses derniers textes : l’atelier intime du roman que dévoilent les Carnets de notes ou l’épopée de la rationalité européenne que raconte Une chambre en Hollande à travers la figure cartésienne. Ces hommages constituent à eux seuls un panorama de la littérature contemporaine, tant les signatures sont prestigieuses : François Bon ou Jacques Réda, Tristan Hordé ou Jean-Paul Michel prêtent leur plume à ces exercices d’admiration.

Dans un deuxième temps, les contributeurs ont choisi d’envisager la trajectoire de Pierre Bergounioux sous l’angle du croisement des arts, dans une partie intitulée « Écrire et peindre ? Écrire ou peindre ? ». Ces textes permettent de saisir la dimension profondément plastique d’une œuvre qui oscille entre écriture et sculpture. Mais qu’il manie le stylo ou le marteau, note Jean-Paul Michel, il s’agit toujours de rassembler les vestiges d’une histoire défunte, à travers les bribes d’une mémoire familiale ou dans les bris de métal entreposés dans les casses. L’artiste, qu’il faufile dans un récit les moments de son passé ou qu’il soude ensemble des morceaux de métal récupérés, sauve les emblèmes péris d’une époque disparue en élaborant un mausolée de mots ou de fer.

Une troisième partie enfin recueille des textes de création qui accompagnent et saluent les livres de Pierre Bergounioux. Malgré son titre –« Pièces assemblées avec fracas pour construire une stèle forte et fruste au chantier des écrits »–, cela n’a rien d’un tombeau ni d’un hommage dispersé. Non seulement parce que les belles plumes réunies ici savent éviter de tels écueils : Michel Butor ou Michel Deguy, Bernard Noël ou Esther Tellermann pour ne citer qu’eux. Mais surtout parce que l’ensemble du volume est pareil à un Janus bifrons, puisqu’il porte le regard à la fois sur le passé et s’ouvre sur les futures parutions. D’un côté, de larges extraits des livres parus constituent une anthologie riche et précise, un préambule richement illustré de l’œuvre. De l’autre, nous sont données à lire quelques pages de la prochaine livraison des Carnets de notes. Il s’agit ainsi moins d’un bilan, que d’une relance ou d’une respiration pour une œuvre qui se recentre sur le quotidien et s’ouvre aux arts plastiques.

Up