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Elisabeth Bing
Fragments du jour
Retour édition14 x 22 cm.160 p. ISBN 978-2-914945-77-6 16 euros
Survivre à la détresse. Un vieil immeuble à Paris. Des hommes avides jettent leurs locataires. Certains résistent dans le fracas des machines. Elizabeth Bing, elle, emploie l’arme des mots et survit en décrivant. La colère contre le tintamarre et la destruction ne l’empêche pas de regarder, éblouie, le jeu des oiseaux, de jouir du son des clochers.

Contre la violence des hommes, elle écrit, elle décrit : infime musique qui cueille et fait sonner les mouvements des passereaux, le geste d’un jeune maçon. Mais bientôt le récit s’accroît, les souvenirs affluent et, riches, nous offrent comme des aquarelles dispersées de l’hier, des images de l’enfance.

J’ai toujours aimé les forêts. Petite fille la forêt du Grand-Orient dans l’Aube était celle où mon père consentait à m’emmener avec lui sur son grand vélo. Assise sur la barre du cadre où il avait installé pour moi une petite selle, en amazone, une cravache imaginaire à la main, dans son odeur, son souffle dans mon cou, j’étais la reine… Après avoir bien négocié avec lui qu’il veuille bien ne pas chanter la chanson du « gros saint Lye »… nous filions… et illico hélas il se mettait à psalmodier : « Voilà le gros saint Lye qui passe ! Voilà le gros saint Lye qui passe ! » Et le gros saint Lye c’était moi !… Moi, la toute maigre sur ma selle !…


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